Sud de Rennes. La piscine de Bain-de- Bretagne définitivement fermée.

Modifié le 30/01/2018 à 10:50 | Publié le 30/01/2018 à 10:50

La piscine de Bain-de-Bretagne, une commune au sud de Rennes, est fermée au public depuis le 29 novembre. | Ouest-France

La piscine de Bain-de-Bretagne, une commune au sud de Rennes, est fermée au public depuis le 29 novembre. En réunion publique de conseil municipal, les élus ont décidé de fermer définitivement l’établissement.

Le verdict est tombé comme un couperet, lundi soir, pour la soixantaine de personnes présentes dans la salle du conseil municipal, à la mairie de Bain-de-Bretagne. La piscine a définitivement fermé ses portes. C’est le résultat d’un vote à bulletin secret avec 24 voix pour la fermeture, une voix contre et un blanc.

La piscine ne rouvrira pas, comme l’espérait pourtant une partie de la population, mais aussi et surtout ses neuf salariés. Le problème, ce n’est plus seulement le taux de chloramine qu’on n’arrive pas à maîtriser ou le chauffage du bassin en rideau. Le sol s’est affaissé sous la piscine. La conséquence ? Une inclinaison du bassin.

Une pétition avec 1 160 signatures

Le conseil a démarré avec l’intervention de Jean-Michel Chéron, un Bainais à l’initiative d’une pétition (« Pour un équipement aquatique digne de ce nom à Bain-de-Bretagne ») en faveur de la piscine, qui a recueilli 1 160 signatures.

« Je reste persuadé que quelques travaux d’urgence permettraient une remise en service en restant sur des montants de travaux raisonnables, assure Jean-Michel Chéron. Que vont devenir les 4 000 scolaires qui venaient tous les ans y apprendre à nager ? Que proposez-vous aux clubs de natation et de plongée ? Il faut aussi penser au personnel municipal de la piscine auquel il faudra continuer de verser un salaire consécutif à leur statut de fonctionnaire. »

Jean-Michel Chéron, debout à droite, a exposé les doléances au nom des signataires de la pétition, devant le conseil municipal. | Ouest-France

Jean-Michel Chéron a également évoqué la future prise de compétence de la communauté de communes pour la gestion d’un nouveau centre aquatique, comme c’est le cas dans les territoires voisins. « Bretagne porte de Loire a les moyens financiers de réaliser et prendre la gestion d’un centre aquatique moderne. La meilleure solution serait peut-être la construction de cet équipement dans l’extension Château-Gaillard. »

« Des coûts élevés sans garanties de résultats »

Le maire Yves Thébault a ensuite rappelé l’historique de la piscine, ses problèmes à répétitions, et des coûts exorbitants. « Ces cinq dernières années, le déficit de la piscine a été de 1 387 404 €, avec une augmentation de 32 % en 2016-2017. En 10 ans, nous avons réalisé 477 000 € de travaux. » Le premier courrier adressé à la communauté de communes date du 24 juin 2 013, elle travaille sur ce dossier depuis 3 ans. Il a ensuite exposé les coûts de travaux possibles, suite à l’étude du cabinet Bignoneau.

« La réalisation d’une goulotte inox rectifiant la planimétrie du bassin et facilitant le recyclage de l’eau, ainsi que la rénovation des parois du bac tampon s’élèvent à 65 000 € TTC, sans garanties formelles. L’installation d’un bassin inox est de 400 000 €. »

« Nous ne pouvons pas avoir d’état d’âme »

Les vingt-six élus présents ont voté et coulé la piscine. « Fermer un équipement est très grave, alors même que nous avions été novateurs il y a 32 ans en ouvrant la piscine à Bain-de-Bretagne. Mais nous ne pouvons pas avoir d’état d’âme, c’est de l’argent public, du contribuable, nous ne pouvons pas engager des sommes aussi importantes, et sans garanties de résultats. »

Les élus ont ensuite pris une décision concernant un agent de la piscine qui devait être titularisé dans les mois à venir. Il a été décidé de ne pas poursuivre ce processus. « La population ne comprendrait pas cette titularisation, alors que dix minutes plus tôt, nous avons voté la fermeture de la piscine. »

Concernant les huit autres salariés de l’équipement, le maire Yves Thébault les recevait ce mardi 30 janvier à 10 h pour étudier les reclassements possibles.

Sur les réseaux sociaux, le collectif de la pétition n’envisage pas de s’arrêter là, et prévoit d’autres actions. De leur côté, les agents et syndicats parlent de saisir le Tribunal administratif.

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