Faut-il généraliser la rémunération au mérite dans la fonction publique territoriale ?

Béatrice de Lavalette

Béatrice de Lavalette, adjointe au maire (UDI) de Suresnes, déléguée aux
ressources humaines et au dialogue social.

«Mieux reconnaître et valoriser l’investissement et la qualité du travail influe sur la motivation,
donc sur la performance de chacun.

Je ne peux admettre qu’un agent investi et bien évalué gagne nettement moins qu’un collègue
plus âgé, en raison du seul critère d’ancienneté.

Le régime indemnitaire de Suresnes, en place depuis 2016, est un dispositif transparent, juste et équitable qui permet de tenir compte, à la hausse et à la baisse, de la valeur professionnelle, du mérite, de la performance et de la volonté de progression des agents, quel que soit leur statut.

Entretien professionnel objectivé.

L’année dernière, 12,23 % des agents ont vu leur rémunération évoluer à la hausse et 5,3 % à la baisse.

L’indemnité mensuelle peut varier au maximum de 35 %. La reconnaissance du mérite ne génère aucune tension entre les agents parce
qu’elle est juste et équitable et qu’elle s’appuie sur un entretien professionnel objectivé. Les recours hiérarchiques contre les évaluations
sont passés de 50 sur 1040 agents sous l’ancien système à 16 l’an dernier.

Cela prouve que le nouveau dispositif est bien compris. J’ai négocié pendant près de six mois avec les trois organisations syndicales pour la
mise en place de ce régime indemnitaire au mérite. ».

« Il ne faut pas focaliser l’agent sur sa seule rémunération »

Béatrice Hakni-Robin

Béatrice Hakni-Robin, vice-présidente (PS) de l’Ille-et-Vilaine, déléguée au personnel et aux moyens de service.

«Le mérite ne doit pas donner lieu à une part de rémunération variable mais être récompensé par
des progressions de carrière et la mobilité interne.

Au département d’Ille-et-Vilaine, nous avons choisi de donner des capacités à évoluer aux agents méritants.

Une collectivité n’est pas une entreprise ! Pour mieux reconnaître le travail, il faut donner du sens, de l’autonomie, laisser l’initiative. Il existe des leviers de motivation à travers la reconnaissance non monétaire et le collectif. Il ne faut pas focaliser l’agent sur sa rémunération, et rien que la sienne.

Éviter tout déséquilibre.

Nous n’avons pas souhaité instaurer la part variable facultative prévue par le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel. La mise en place de ce « Rifseep » a davantage été l’occasion de gommer les écarts de rémunération entre hommes et femmes en appliquant le principe « à fonction égale, salaire égal ». Introduire une part de mérite, c’était
risquer de recréer du déséquilibre. D’ailleurs, le gouvernement tient un discours paradoxal en nous demandant, d’un côté, de réduire nos dépenses de fonctionnement et, de l’autre, de dédier une enveloppe supplémentaire au régime indemnitaire. ».

À SUIVRE

Un an de négociations. Le ministre de l’Action et des comptes publics a ouvert, en février, le chantier de la nouvelle rémunération des agents publics davantage fondée sur le mérite et les résultats individuels.

La concertation avec les syndicats durera un an afin de trouver un compromis autour de cette promesse de campagne du candidat Macron.
L’intéressement collectif, consistant à accorder une prime à un service en fonction du respect des objectifs, fera lui aussi l’objet de discussions.

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