Déconnecter… et accepter de s’absenter en toute sérénité.

     

Melanie Tuel Le 21/07 à 07:30

Le dirigeant du cabinet de recrutement Mindfield donne des conseils pour se déconnecter sans culpabilité. – Shutterstock

Tendance SERIE D’ETE 1/6.

Profitez de l’été. Déconnecter, cela s’apprend.

Avec Jean-François Darmagnac, dirigeant du cabinet de chasse de têtes Mindfield, acceptez l’oisiveté et ses vertus bienfaisantes.

Si l’adage fait de l’oisiveté la mère de tous les vices, Albert Camus répond qu’ « [elle] n’est fatale qu’aux médiocres ». C’est ce qu’entend également Jean-François Damargnac, directeur du cabinet de recrutement Mindfield pour qui une personne qui sait se déconnecter est un salarié prometteur.

  1. Ne remplacez pas un tyran par un autre !

Les vacances approchent : vous saisissez votre smartphone et informez le monde entier de votre départ en vacances. Votre cousin qui habite non loin de l’endroit où vous avez décidé de migrer vous appelle : il vous apprend que votre tante et son nouveau conjoint ont déménagé à quelques kilomètres et qu’elle vous invite à un repas. Vous prenez note, consciencieusement, de manière à ne pas oublier l’impératif. Et ce merveilleux site dont votre collègue n’a cessé de vous vanter les mérites, vous étiez sur le point d’oublier d’en organiser la visite ! C’est à ce moment que votre partenaire vous appelle pour vous informer qu’un couple d’amis se joignent à votre escapade, ce qui est bien pratique car vos enfants ont le même âge que les leurs. Stop, déconnectez et apprenez à dire non !

Vos vacances sont un moment pour vous, un espace de calme et de sérénité où ne doivent pas se multiplier les obligations. Etre à l’heure aux rendez-vous, courir d’un bout à l’autre de la ville, répondre à tous les mails sont des impératifs qui appartiennent au monde du travail. Décontractez-vous, vous êtes en vacances : ne remplacez pas ces contraintes par d’autres aux couleurs plus estivales. Votre régénération passe par des vacances apaisées, il ne s’agit pas d’une course contre la montre.

  1. Acceptez les vertus de l’oisiveté

Le cerveau est un muscle et le relâchement est un des secrets de la performance. Vos capacités intellectuelles évoluent au fil des exercices et des temps de décontraction, qui lui permettent d’emmagasiner les nouvelles connaissances acquises. Vos vacances sont l’occasion de fixer ce que vous avez appris cette année, en bien ou en mal. Ne culpabilisez pas à l’idée de vous accorder des temps pendant lesquels vous ne faites « rien », prendre du temps pour soi et pour l’autre – votre conjoint, vos enfants – est bénéfique à votre santé physique et intellectuelle. Accordez-vous une sieste sous un olivier, laissez-vous bercer par le chant des cigales dans la chaleur de l’été.

Prenez le conseil de Jean-François Damargnac très au sérieux : « Prendre du recul, c’est prendre de l’avance. » Autant s’y mettre le plus rapidement possible, le phénomène de déconnexion prenant au minimum deux semaines.

  1. Revenez à l’état de nature, cassez le contact avec les technologies

Sans cesse, vos doigts ont couru le long de vos écrans et de vos claviers cette année. Le flux de l’information en continu modifie le rythme de nos vies. Vous vous absentez pendant plusieurs semaines ? Quelques gestes simples vont vous assurer de vraies vacances.D’abord, organisez-vous : avant de partir, réduisez le flux de sollicitations. Ne laissez pas de questions en suspens, de dossiers qui traînent sur le coin de votre bureau – et qui surgiront inévitablement dans un coin de votre esprit lorsque vous visiterez le marché local de la ville où vous établirez résidence pendant l’été. Programmez une messagerie d’absence, qui réduit d’environ 80 % les sollicitations intempestives. Avant de le mettre de côté, intéressez-vous de plus près aux fonctionnalités de votre smartphone : il est possible de n’être dérangé que par une liste de numéros enregistrés dans vos favoris au préalable. Certains, plus radicaux, coupent leur mobile et prennent une carte pré-payée qu’ils insèrent dans un téléphone ancienne génération : oui, cela aussi vous avez le droit de le faire.

  1. Ne pensez pas trop à la rentrée

Brisons la glace et osons aborder ce sujet qui fâche : ne passez pas vos vacances à faire le décompte de vos jours, passant de joie à humeur maussade à chaque fois que la pensée de la rentrée vient assombrir la terrasse sur laquelle vous êtes en train de savourer votre apéritif. Serez-vous à la hauteur à votre retour ? Emporterez-vous l’enthousiasme de la côte d’Azur, du Golfe du Morbihan ou du Pays basque dans votre bureau ? Ne vous encombrez pas de ces questions inutiles qui ne servent à rien d’autre qu’à vous empêcher d’apprécier de ce que vous vivez au présent. Profitez de votre repos et le retour au travail se fera naturellement. Les horloges se remettront en route rapidement si elles ont, à l’origine, été réglées avec plaisir. Enfin, retenez ceci  : « Ceux qui performent sont ceux qui font le tri dans leurs priorités, ceux qui résistent à ces injonctions permanentes. »
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