Le blog de l’Ugict-CGT du 22 août 2017

Il n’aura pas fallu 100 jours…

Difficile de prédire ce que sera la rentrée sociale, mais on peut néanmoins estimer que la situation est potentiellement explosive.

D’abord parce que personne n’a osé parler d’un état de grâce dont pourrait bénéficier le chef de l’Etat. La première raison tient au fait que ses scores du premier tour, puis du second tour de la Présidentielle, puis l’abstention record aux législatives ne lui permettent pas de se prévaloir de l’adhésion des Français aux réformes et aux méthodes de ces réformes dont il avait esquissé les contours dans un programme volontairement vague.

Ensuite parce que sa dégringolade rapide dans les enquêtes d’opinion témoignent bien de la profondeur du malaise social. Encore la semaine passée, un sondage Harris Interactive indiquait que plus de six Français sur dix (62%) se disent insatisfaits de l’action d’Emmanuel Macron durant les trois premiers mois de son quinquennat. Sur la réforme du code du travail, les avis sont partagés, avec 46% des personnes interrogées qui s’y disent favorables et 52% d’un avis contraire. Elles sont en revanche majoritairement opposées (63%) à la mise en oeuvre de cette loi par ordonnances, seules 35% s’y déclarant favorables.

Voilà pour les sondages, mais ces dernières semaines ont aussi été marquées par des levers de boucliers qui témoignent, là aussi, d’une forte irritation du corps social. Ce fut le cas lorsque le gouvernement a annoncé qu’il voulait s’attaquer aux aides aux logement et c’est encore le cas avec l’annonce de la suppression d’une grande partie des emplois aidés. Tout cela alors que dans le même temps, les bonnes nouvelles fiscales continuent à tomber pour les plus riches et que le Medef applaudit et en redemande.

Il n’aura donc pas fallu 100 jours pour que les Français fassent l’amère constat qu’on veut leur imposer une réforme du code du travail qu’ils ont jusque là rejeté dans des proportions important (autour de 70% durant des mois même après la fin du conflit du printemps 2016). Il n’aura pas fallu très longtemps non plus pour que cette majorité opportuniste soit elle aussi secouée par des scandales peu ragoutants.

Rien ne se fera spontanément et la CGT, comme son Ugict savent qu’il y a fort à faire pour que le 12 septembre rassemble puissamment afin d’exiger un code du travail du 21ème siècle, protecteur et moderne.

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