Étude. Les réseaux sociaux d’entreprise renforcent la hiérarchie interne .

Modifié le 27/11/2017 à 10:31 | Publié le 27/11/2017 à 10:31

Pour expliquer leur réticence à utiliser le réseau social de leur entreprise, de nombreux salariés plaident « la crainte d’un contrôle ». | Photo Fotolia

 

58 % des entreprises de plus de 5 000 salariés possèdent un réseau social d’entreprise. Créés pour partager des informations entre les salariés, ils renforceraient au contraire « la relation manager-collaborateur » selon une étude de l’école de formation au management des ressources humaines IGS-RH.

 

 

 

De plus en plus de grandes entreprises ont lancé des réseaux sociaux internes pour encourager les initiatives et développer un esprit collaboratif mais le « décloisonnement » attendu n’est pas au rendez-vous, informe lundi une étude.

« Ces outils renforcent la relation manager-collaborateur » en s’ajoutant aux organisations hiérarchiques existantes, rapporte l’étude de l’école de formation au management des ressources humaines IGS-RH.

Les réseaux d’entreprise « ne développent pas les interactions collaboratives, spontanées et décloisonnées entre les salariés qui étaient pourtant leurs premiers objectifs », affirme son auteur, Jean Pralong, professeur de gestion en Ressources humaines à l’IGS-RH.

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Une « crainte du contrôle »

Sa conclusion s’appuie sur trois enquêtes : un sondage en ligne auprès d’un échantillon de 1 200 salariés, l’analyse des pratiques de 4 500 salariés de deux grandes entreprises du CAC 40 dotées d’un réseau social interne (l’une dans l’énergie, l’autre dans les services informatiques), et une cinquantaine d’entretiens approfondis dans les deux sociétés.

Un réseau social interne est une application en ligne permettant le partage d’informations entre membres d’une même entreprise. Il permet ainsi à des salariés d’organiser des groupes de discussions ou des services partagés (covoiturage par exemple).

Dans les deux cas d’entreprises étudiés, seulement 25 % des salariés utilisent les outils (workplace de Facebook, Yammer de Microsoft), selon l’étude.

Les salariés sont encore très réticents car ils voient ces réseaux comme un moyen risqué de se mettre en avant. Ils craignent de commettre des erreurs ou d’envoyer des contributions qui pourraient être jugées de piètre qualité, il y a une « crainte du contrôle ».

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58 % des très grandes entreprises équipées

Les salariés doutent aussi de la pertinence des informations qui circulent sur ces réseaux et ne veulent pas perdre de temps.

L’étude distingue plusieurs profils de salariés : les « passifs » (48 %) et les « réfractaires » (29 %), les « adopteurs » (17 %), qui ne craignent pas de s’exposer, et les « tactiques » (6 %), utilisant la « mode » du réseau social « pour être bien vu ».

58 % des entreprises de plus de 5 000 salariés sont dotées d’un réseau social, selon une étude Lecko-OpinionWay de 2016, citée dans l’enquête. Elles dépensent « en moyenne 4 à 5 € par salarié et par mois » pour les faire fonctionner, selon M. Pralong.

 

 

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