Ouest-France : EN IMAGES. À Rennes, 3 200 manifestants déterminés : « Les 100 jours, Macron va les sentir passer »

En attendant l’appel de l’Intersyndicale à un « grand 1er-Mai », 3 200 manifestants ont malgré tout battu le pavé rennais, jeudi 20 avril 2023, en pleines vacances scolaires et malgré la promulgation de la loi sur la réforme des retraites.

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Ouest-France Virginie ENÉE et Linda BENOTMANE. Publié le 20/04/2023 à 15h59

3 200 manifestants ont battu le pavé à Rennes, jeudi 20 avril 2023, contre la réforme des retraites. | THOMAS BRÉGARDIS/ OUEST-FRANCE

Sous un grand ciel bleu, les syndicats attendent que les rangs gonflent progressivement avant de sonner le départ. Il faut dire qu’entre la promulgation de la loi travail le week-end dernier et les vacances scolaires, les rangs sont moins serrés pour cette treizième journée de manifestation à l’appel des syndicats (CFDT exclue cette fois-ci).

Notre direct sur l’actualité de la réforme des retraites, ce jeudi 20 avril 2023

« Être réunis, ça me redonne du courage »

« On représente tous les gens qui ne peuvent pas venir de manière régulière, s’en défend Marie, syndicaliste FO. Quel que soit le nombre de personnes, c’est pas grave, on ne lâchera rien. » Ils sont malgré tout 3 200 (1), peu avant midi, quand la manifestation s’élance sur le boulevard de la Liberté, groupe féministe et chants à l’avenant, en tête de cortège.

« Il est important de rester mobilisés, insiste Loïc, de la CFTC, venu avec de nombreux camarades : Il n’y a aucun découragement. On est toujours prêts à bondir. Les 100 jours, Macron va les sentir passer. Parce qu’on ne va pas lâcher. »

Loïc, Cyrille, Stéphane et François, de la CFTC, restent mobilisés : « On ne va pas lâcher, ses 100 jours, Macron va les sentir passer. » | OUEST-FRANCE

L’objectif des syndicats, rappelé au micro, est de ne pas laisser s’éteindre le mouvement avant l’appel général du 1er-Mai, fête du Travail qui pourrait être la prochaine grosse mobilisation contre la réforme des retraites. Plus loin dans le cortège, loin des drapeaux syndicaux, Valérie, la quarantaine, admet être « découragée ». Mais malgré tout là « pour la 5e ou 6e fois : être réunis comme ça, ça me redonne de la force ».

Les étudiants de Rennes 2 lors de la manifestation contre la réforme des retraites, jeudi 20 avril à Rennes. | THOMAS BREGARDIS – OUEST-FRANCE

 

 

 

 

 

 

 

 

Un découragement auquel Danielle, retraitée du milieu médical refuse de céder : « Il y a tellement de gens qui refusent et la reforme et la méthode autoritaire [d’Emmanuel Macron] qu’il est hors de question d’abandonner. On sera toujours plus nombreux que lui. Pendant les quatre ans qu’il reste, comment ça va se passer ? Il y aura des gens dans la rue toutes les semaines ? On ne peut pas continuer ainsi à casser tous les acquis sociaux. »

Comme elle, ils sont nombreux à manifester plus largement que contre la réforme des retraites. Yann, salarié d’une entreprise de travaux publics venu de Dinan avec sa fille Jeanne, a « été de toutes les mobilisations : il  y a la réforme des retraites, mais le malaise est beaucoup plus profond. Tout le système Macron est méprisant. On n’en veut plus. »

Un manifestant contre la réforme des retraites, boulevard de la Liberté à Rennes, jeudi 20 avril 2023. | THOMAS BREGARDIS – OUEST-FRANCE

 

 

 

 

 

 

 

 

« La colère et l’action, plutôt que le renoncement »

Hervé, Yann et Christophe, la quarantaine, ont le même ressenti. « La rupture entre le Gouvernement et les Français est consommée. Nous sommes remontés et on sera de toutes les manifestations. À commencer par celle du 1er-Mai. » Marie et sa tante Danièle expriment leur colère : « Pour les 100 jours à venir, comme l’a dit le président, nous voulons miser sur la colère et l’action, plutôt que le renoncement. »

Quelques incidents

Alors qu’ils faisaient demi-tour sur les quais, les manifestants ont été repoussés par les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène. | THOMAS BREGARDIS – OUEST-FRANCE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques incidents sont à déplorer comme le vandalisme, une fois encore, d’une voiture (Mercedes) sur le parking Vilaine (tags, rétroviseurs cassés), et quelques grenades lacrymogènes envoyées par les forces de l’ordre, lorsqu’une poignée de manifestants a tenté de déroger au parcours officiel pour rejoindre la place Saint-Germain.

Une voiture Mercedes a été dégradée sur le parking Vilaine, au passage des manifestants. | THOMAS BREGARDIS – OUEST-FRANCE

 

 

 

 

 

 

 

 

À 13 h 30, le centre-ville avait retrouvé son calme.

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